Avant tout, il faut y croire, être dans l’histoire, la vivre !
Attitude
- Tenue : être vêtu de manière sobre, pour ne pas détourner l’attention, ou mettre une tenue dans le thème abordé.
- Voix : poser sa voix, dans le registre moyen, le ton de la conversation, pour conserver une réserve afin de pouvoir exprimer des choses plus violentes ou plus douces, pour ménager ses effets. Changer de registre pour éviter la lassitude. Ne pas parler trop fort, ni trop vite. Bien articuler.
- Regard : regarder l’auditoire, le balayer du regard, tenir tout l’auditoire sous son regard. Avoir le sourire dans les yeux, cela doit être un plaisir pour les auditeurs.
- Debout ou assis, pour pouvoir ménager ses effets en se levant.
Camper les personnages
C’est faire ressortir les caractéristiques principales des personnages et les tenir jusqu’au bout :
- utiliser des voix différentes (voix douce, grave, flûtée, énergique, autoritaire, avenante, conciliant, gaie, moqueuse, hypocrite, coléreuse, mécontente, peureuse, secrète, écho…)
- exprimer les sentiments avec le visage les sentiments (joie, tristesse, panique…)
- mimer avec son corps (torse bombé, marche majestueuse, serviteur stupide, humilité…)
- imager avec les mains (l’oiseau qui vole, l’argent, la tendresse, la joie, l’espoir, la violence, l’accueil, soigner, le travail, le vol, la musique…)
Le langage
- Tenir compte des tout-petits. Le contexte doit expliquer les mots difficiles (ex : les publicains : gens qui prenaient l’argent et le volaient).
- Le langage doit être varié et animé, avec des rebondissements, il doit éveiller l’intérêt.
- Ménager la fin de l’histoire (la chute).
Nous sommes parfois attristés parce que les enfants semblent ne pas s’intéresser à l’enseignement qui leur est apporté. On pourrait alors en déduire qu’ils n’ont pas soif des choses de Dieu. Je dirais plutôt qu’ils ont très soif, mais les enfants ne savent pas que c’est des choses de Dieu qu’ils ont soif.
Tant que l’être humain n’est pas réconcilié avec son Créateur, il vit dans l’insatisfaction, il ressent un manque. Il va essayer de combler ce vide par toutes les opportunités que le monde lui offre, en vain. Nous savons que cette soif, c’est le besoin de Dieu qui est inscrit au fond de son cœur, et que seul Dieu peut y répondre. Les enfants font partie de cette humanité frustrée et ils ressentent le besoin d’être réconciliés avec leur Créateur, même s’ils ne savent pas que c’est de cela dont il s’agit.
Une des clés de la réussite de notre mission est là : savoir dévoiler aux yeux des enfants la vraie source, les y conduire, et leur faire goûter de son eau.
Comment s’y prendre ?
Préparer un argumentaire
Tout d’abord, notre leçon ne doit pas être un discours imprécis, au cours duquel nous lâchons des vérités bibliques ou des versets, en comptant sur la puissance du Seigneur pour accomplir l’oeuvre escomptée dans le coeur des enfants. Cette façon de procéder peut “fonctionner” pendant un temps, et le Seigneur, qui est bon et compatissant, peut malgré tout donner quelques fruits à ce travail.
Mais à la longue, les enfants ont l’impression qu’on leur dit toujours la même chose… et après plusieurs années, ils risquent d’être “vaccinés” contre l’enseignement biblique, parce qu’ils l’auront perçu comme ennuyeux et routinier. C’est une des principales raisons de l’éloignement des enfants de l’église dès qu’ils deviennent des ados. Le fait de croire ne met pas de côté notre intelligence. Les enfants, qui sont curieux et avides d’apprendre par nature, aiment être enseignés des choses de Dieu, MAIS OUI ! A nous les monos, de leur préparer de bons petits plats spirituels à la façon de Dieu.
Donc, notre leçon doit être réfléchie, organisée comme un argumentaire. Elle doit nous permettre de :

- éveiller l’intérêt de l’enfant
- faire appel à sa raison
- toucher son coeur
- l’amener à agir
Structurer
Ensuite, elle doit être structurée, c’est à dire qu’elle doit comporter un plan :
- introduction (accroche)
- développement (en 3 points maximum)
- conclusion
Adapter
Puis, son contenu, sa forme et sa présentation doivent être adaptés aux capacités de l’enfant selon son âge (lire “Les caractéristiques de l’enfant selon son âge). Ce n’est pas une option, c’est une absolue nécessité. L’enfant ne peut pas se mettre à notre niveau ; c’est à nous de connaître ses limites, ses capacités, ses besoins et de mettre notre enseignement à sa portée.
Un repère : si, lorsque vous préparez une leçon, vous ne trouvez pas d’application à l’enfant (c’est à dire ce qu’il pourra mettre en pratique dans sa vie suite à votre enseignement), c’est que le sujet abordé est d’un niveau trop élevé ou trop compliqué pour lui. Ce thème représente un “steak”, alors que l’enfant en est encore au lait… Une étude, un thème, qui a pu nous faire beaucoup de bien à nous, en tant qu’adulte, peut être inabordable pour des enfants. Savoir apporter aux enfants un enseignement à leur portée, c’est une des principales difficultés que rencontrent les moniteurs. De même que savoir s’arrêter de développer…
N’oublions pas que l’enfant n’est capable de recevoir qu’une seule vérité biblique à la fois. Nous ne pouvons pas faire le tour d’un sujet en une seule séance. Il vaut mieux enfoncer un clou à la fois, plutôt que de taper un peu partout sans réelle efficacité. A la fin de la séance, les enfants doivent être en mesure de dire quelle vérité leur a été enseignée. Peut-être craignez-vous de les lasser. Si vous variez suffisamment les activités autour du thème enseigné (chant, jeux, questions, dessin, mime, etc), ils n’éprouveront aucune impression de redite.
Rendre attrayant
Enfin, aussi intéressante soit-elle,la leçon doit être attrayante, si nous voulons gagner les enfants ; elle doit être illustrée et véhiculer l’enthousiasme et la joie, la foi et la reconnaissance. Comment expliquer que des foules de gens, sans instruction pour la plupart, pouvaient écouter l’enseignement du Seigneur Jésus pendant des heures ? Le Seigneur savait éveiller l’intérêt de ses auditeurs en collant à leur vécu, il savait se mettre à leur portée en utilisant leur langage, en illustrant au moyen de paraboles, d’exemples, et il savait aussi transmettre sa ferveur et sa joie.
Maîtriser le contenu
Lorsque j’ai commencé à enseigner les enfants (j’avais un vingtaine d’années), je me suis rapidement heurtée à une difficulté inattendue : comment énoncer clairement ce que je croyais ? Bien que née dans une famille chrétienne, ayant entendu la Parole de Dieu depuis mon plus jeune âge, j’éprouvais de grandes difficultés à expliquer ma foi et à justifier ce que je croyais depuis des années.
En fait, je connaissais par cœur (ou presque) toutes les histoires bibliques, mais j’étais ignorante des concepts, des enseignements, des doctrines contenus dans la Bible.
Ces vérités bibliques sont les appuis solides sur lesquels le chrétien, adulte ou enfant, construit sa foi. A défaut de recevoir ces fondations, il avance au grès de ses sensations, de ses impressions, de ce qu’il entend des uns ou des autres : il reste fragile. Que penseriez-vous d’un professeur de maths qui connaît approximativement les maths ? Et pourtant, certains moniteurs ne connaissent la matière qu’ils enseignent que de façon très approximative… Si c’est votre cas, il n’est pas trop tard pour faire le tour des principales doctrines bibliques (parcourez les rayons d’une librairie chrétienne et demandez conseil à votre pasteur) afin de vérifier l’exactitude de votre enseignement.
Une idée : on peut aider les enfants à assimiler les doctrines bibliques en leur demandant, de temps à autre, d’expliquer ce qu’ils croient, par exemple pourquoi ils sont certains d’être sauvés, pourquoi ils ne seront jamais condamnés pour leurs péchés s’ils ont cru en Jésus, etc. Non seulement, ils seront affermis, mais lorsque l’occasion de témoigner se présentera à eux, ils sauront trouver les mots pour parler aux autres de leur foi.
Par ailleurs, connaître leur Seigneur, ce qu’il a fait pour eux et ce qu’il continue de faire jour après jour leur donnera de multiples raisons de le louer et les encouragera dans l’adoration.
Voir aussi :
Adapter l’enseignement à l’enfant
La fiche pédagogique
Enseigner la doctrine aux enfants ? Oui !
L’AMOUR, ÇA SE PROUVE
Si on nous demande si nous aimons les enfants, nous allons répondre “bien évidemment !” Et pourtant, la réponse n’est pas si simple. Notre amour peut arriver rapidement à ses limites dans certaines circonstances. Le véritable amour n’est pas seulement ce que nous ressentons, comme de la tendresse, une émotion, de la sympathie, de la compassion, etc. C’est aussi et surtout ce que nous faisons, ce qui passe par nos actes. Dieu ne s’est pas contenté de nous annoncer du haut du ciel : “je vous aime !” Il a prouvé son amour pour les hommes d’une façon concrète :
“Mais voici comment Dieu a prouvé son amour pour nous : le Christ est mort pour nous, et pourtant, nous étions encore pécheurs.” Romains 5.8
De même, les enfants ont besoin d’avoir la preuve de notre amour pour eux. Et pour cela, nous devons leur manifester de façon pratique que nous les aimons.
“Mes enfants, n’aimons pas seulement en paroles, avec de beaux discours ; faisons preuve d’un véritable amour qui se manifeste par des actes.” 1 Jean 3.18
AIMER SELON DIEU
C’est un vaste sujet ! Voyons quelques pistes que nous trouvons dans la Bible :
- ” Ayez de l’affection les uns pour les autres comme des frères qui s’aiment.” Romains 12.10
- “Mes frères et mes sœurs, vous croyez en Jésus-Christ, notre Seigneur plein de gloire. Alors ne faites pas de différence entre les gens.” Jacques 2.1
- “Soyez toujours les premiers à vous respecter les uns les autres.” Romains 12.11
- “Qui aime est patient et bon, il n’est pas envieux, ne se vante pas et n’est pas prétentieux ; qui aime ne fait rien de honteux, n’est pas égoïste, ne s’irrite pas et n’éprouve pas de rancune ; qui aime ne se réjouit pas du mal, il se réjouit de la vérité. Qui aime supporte tout et garde en toute circonstance la foi, l’espérance et la patience.” 1 Corinthiens 13.4-7
AIMER EN PRATIQUE
De quelle façon pouvons-nous appliquer ces textes dans notre travail pour les enfants ?
- par l’affection : notre relation avec les enfants doit être chaleureuse. S’adresser à eux avec douceur, être proche d’eux, avoir un contact tactile (avec retenue et décence bien sûr). L’enfant a besoin de se sentir en sécurité.
- par une attitude impartiale : pas de préférences, que ce soit par rapport au comportement de l’enfant, à son niveau social, à la popularité de sa famille dans l’église, à sa nationalité, à son stade de développement, etc. Aimer l’enfant tel qu’il est : c’est lui démontrer que Dieu l’aime tel qu’il est. A noter : les enfants les plus “sages” ne sont pas les plus aimés de Dieu, ni les plus proches du Seigneur. Veillons à ce que notre attitude ne laisse pas penser cela. Les enfants qui répondent le mieux aux questions, qui “savent tout”, ne sont pas forcément ceux qui sont convertis. Ne leur laissons pas penser qu’ils sont agréables à Dieu à cause de cela. C’est l’état de leur cœur qui compte.
Ne pas porter davantage d’attention à un enfant qui nous touche.
Les enfants les plus difficiles sont souvent ceux qui ont le plus besoin d’amour.
- ne pas porter de jugement, de condamnation (en paroles ou en pensées) sur leur éducation, leurs habitudes, l’engagement de leur famille, etc. Soyons au contraire pleins d’amour et d’encouragement, et prions pour les familles en difficulté.
- avoir de la considération : en portant de l’intérêt à leur situation spirituelle, leur vie quotidienne, dans la mesure où ils sont disposés à en parler, leurs centres d’intérêts, leurs goûts.
- en étant disponible pour eux : les écouter, les aider, prendre du temps pour un entretien.
- en ayant du respect : exercer une discipline dans le groupe afin que chacun s’y sente à l’aise, mesurer ses paroles, les saluer quand on les croise hors de la classe, dans l’église, au même titre que les adultes. travailler non dans la médiocrité, mais dans la qualité.
- en se donnant : consécration, persévérance et humilité dans le service, temps nécessaire pour préparer et prier.
Si nous savons aimer les enfants, le Seigneur se sentira à l’aise dans notre classe et soutiendra notre travail.
Voici quelques conseils qui vous permettront de résussir cet apprentissage sans difficulté et avec précision.
Préparer l’apprentissage
- Connaître parfaitement le chant.
- Repérer le tempo et la tonalité qui convient pour les enfants.
- Distribuer la partition aux musiciens.
- Écrire les paroles sur un support amovible ou une vidéo projection, en écriture cursive, c’est-à-dire attachée (éviter script ou majuscule), car elle est la plus facile à lire pour tous les enfants.
- Commencer l’apprentissage sans instrument ou avec la mélodie uniquement
- Veillez à ce que les enfants soient attentifs, et leur expliquer on ne peut bien répéter que si l’on a bien écouté.
- Placer dès maintenant les intonations et les gestes, s’ils sont simples (sinon les faire apprendre dans un second temps).
- Si certaines paroles sont difficiles à prononcer, s’entraîner à les articuler en rythme lentement sans chanter dans un premier temps, puis ajouter la mélodie.
- Le moniteur seul chante une fois le chant en entier (ou la première strophe et le refrain) pour donner un aperçu général, avec les gestes si besoin, et un accompagnement instrumental si possible.
- Le moniteur seul et sans musique chante 3 fois la première phrase, sans faire de pause, pendant que les enfants écoutent attentivement.
- Faire répéter les enfants seuls 2 fois.
- Faire de même avec la 2ème phrase.
- Chanter seul les 2 phrases apprises, puis les faire répéter par les enfants.
- Continuer ainsi sans chercher à sauter des étapes.
- Quand tout le chant est su, on peut utiliser un accompagnement musical.
Si le chant est long, on peut procéder en plusieurs fois. Il vaut mieux un travail intense et court que d’arriver à la démobilisation des enfants.
Conseil pour démarrer un chant
Avant que les enfants commencent à chanter, fredonner le début de la première phrase avec le bon rythme et la bonne tonalité ; puis donner le départ. Ainsi les enfants sauront sur quelle note et sur quel rythme chanter.
Discipliner veut dire contrôler et amener à l’obéissance et au bon ordre. “Dieu n’est pas pour le désordre, mais pour la paix.” (1 Corinthiens14.33). L’enfant qui vient à l’École du dimanche doit savoir qu’il entre dans la maison de Dieu, et qu’il doit avoir une attitude respectueuse envers Dieu, envers ce lieu, et envers ceux qui le fréquentent. Pour l’aider à cela, la discipline est indispensable.
Ne craignons pas de discipliner. Si nous le faisons avec amour et sagesse, comme le Seigneur le fait à notre égard, les enfants se sentiront rassurés et respectés.
Ne laissons pas le désordre s’installer. Cela peut devenir une habitude. Si c’est le cas pour notre classe, il est possible de rétablir l’ordre avec patience, mais fermeté. Quelques principes :
Des enfants occupés
Le tout premier conseil : ne pas laisser de temps mort. Des enfants occupés et intéressés ne posent normalement pas de problèmes de discipline.
Diriger le groupe
Nous devons nous attendre à ce que les enfants nous obéissent. Aussi, n’ayons pas de scrupules à réellement diriger les choses.
Pas de chantage
Avoir recours à la menace et au chantage n’est pas une bonne méthode, car elle démontre notre faiblesse aux yeux des enfants et n’assoit pas notre autorité.
Être positif
On obtient plus en faisant des compliments plutôt que des critiques, par les récompenses que par les punitions. Relevez les bonnes choses, pour encourager les autres à faire de même. Prévoyez des récompenses (gommette, image, bonbon…) à distribuer en fin de séance à ceux qui ont respecté la discipline.
Définir des règles
L’enfant a besoin de savoir ce que nous attendons de lui. Quand le “règlement” de la classe n’est pas bien défini, le moniteur est constamment obligé de reprendre les enfants ; ceux-ci pourront même s’en amuser. Conséquences : enfants dissipés et moniteur débordé, déconcentré, énervé… On peut établir une liste de règles (3 ou 4 au plus, comme rester assis pendant la leçon, un seul parle à la fois …) en faisant participer les enfants, puis les afficher. Il est important de s’y maintenir, car les enfants ont un sens aigu de la justice.
En particulier
Un entretien particulier avec un enfant particulièrement indiscipliné peut aider à cerner le problème. Quand l’enfant saura que vous avez compris la raison de ses difficultés, son attitude peut changer radicalement.
Avec fermeté, sagesse et amour
N’utilisez pas la Parole de Dieu ni les réunions des adultes pour punir. Comment, devenus plus grands, les enfants pourront-ils aimer ce qui a été pour eux une punition ? Utilisez plutôt un système de privation de récompense, de participation à une activité qu’il aime, d’isolement du groupe. Prévoyez à l’avance ce que vous pouvez utiliser de façon à réagir, non sous le coup de l’emportement, mais avec sagesse.