SĂ©lectionner une page

ados_cielTous autodidactes, aucun ne connaissait le solfège et pourtant la cassette que nous avons enregistrée à l’époque au bénéfice de CVA n’était faite que des chants de notre composition. J’ai vu ces ados aller travailler pour s’acheter leurs instruments de musique, batterie, guitare basse, piano etc. J’ai vraiment réalisé alors que nous répondions à un besoin. Nous avons touchés pas mal d’adolescents dont les parents n’étaient pas chrétiens.

Alors vous dire que je suis convaincue qu’aujourd’hui, s’investir pour les adolescents est nécessaire voire indispensable, ne m’est pas difficile. Cela fait partie depuis de mon quotidien. Classes bibliques, écoute, ateliers d’expression, groupe de chants, comédies musicales, pièces de théâtre, sports, camp de vacances, etc. Répondre à un besoin de quelque façon que ce soit est un investissement.

Mes secrets

Mais n’attendez pas de moi que je vous donne  des « recettes », je n’en ai pas ! Par contre j’ai des secrets :

  • Je les ai toujours aimĂ©s tels qu’ils Ă©taient, sans jugement de valeurs. C’est important de dire Ă  un adolescent “tu es unique, mĂŞme si tu as besoin des autres pour te construire. C’est la raison pour laquelle tu as de la valeur. Tu as un avenir mĂŞme si tout semble fermĂ© autour de toi. Quelqu’un que je connais intimement t’aime d’un amour immense. Il t’accepte sans jugement de valeur, il te comprend parfaitement, Ă  lui tu peux tout lui dire, il veut devenir ton confident. Jamais il ne te dĂ©cevra.”
  • Ma source d’inspiration : Dieu. Partout oĂą je suis allĂ©e, je n’ai jamais reproduit ce que j’avais fait par le passĂ©. Il a fallu constamment se renouveler, car jamais les besoins n’ont Ă©tĂ© les mĂŞmes. Lorsque l’inspiration ne venait pas, ou que je ne savais comment rĂ©pondre, la prière Ă©tait ma solution.
  • L’important n’est pas faire pour faire, mais avant tout rĂ©pondre Ă  ce que les adolescents attendent.

Si nous nous intéressons à la forme que peut prendre l’adolescence, nous pouvons dire premièrement qu’il n’y a pas « une » mais des adolescences. Il y a autant, sinon plus, de manières d’être adolescent que de manières d’être homme ou femme, puisque justement l’adolescence est une période de multiples essais et erreurs pour chacun.
« Une histoire à soi » disait Françoise Dolto. « Ni bonne ni mauvaise, faite de bonheurs, de malheurs, d’incidents, d’accidents, de joie et de souffrance. »
La famille, l’école, la société, l’église, favorisent ou inhibent (supprimer ou ralentir) cette construction. Sommes-nous de ceux qui la favorisent, qui la facilitent ?

D’une Ă©poque Ă  l’autre

Combien de fois ai-je entendu de la part d’adultes «Cela doit être difficile de vous occuper d’adolescents ?» Ma réponse a toujours été : « Mais tellement motivant ! »
Ou encore : « Les jeunes d’aujourd’hui ne sont plus les mêmes ! » Si nous nous posons la question de savoir si les adolescents d’aujourd’hui vont mieux ou moins bien que ceux d’hier, les statistiques quantitatives quelles qu’elles soient ne peuvent suffire. En effet, il n’existe aucun critère objectif trans-époques pour répondre à cette question, même si nous pouvons épidémiologiquement constater une augmentation de suicides, des décrochages et des accoutumances. En réalité, ces études révèlent la manière d’aller mal des ados et incitent à trouver de nouvelles solutions sans dire si une époque est préférable à une autre.

Dites-moi, vous les adultes, étiez-vous tellement différents de ces ados d’aujourd’hui « aux pantalons trop grands, avec leurs poings dans les poches et les yeux sur leurs baskets ? » 17158513Avec le temps qui passe, on oublie notre jeunesse, nos hésitations, nos révoltes. Alors on les observe, on les étudie, en même temps qu’ils nous fascinent ils nous font peur, ils nous effraient parfois, et c’est ainsi que l’on part en guerre contre nos enfants. Si le monde a changé avec son mode de vie, ses moyens de communications, d’éducation, sa culture, les familles souvent éclatée, recomposées, monoparentales … l’adolescent lui demeure un être humain qui doit faire le deuil de son enfance et naître à sa vie d’adulte avec tout ce que cela comporte. Nous savons qu’aucune époque ne fait référence en la matière. Plus l’homme mettra une distance avec son créateur plus le mal progressera.

Que pense-t-on des adolescents ?

Certains diront ce sont des jeunes rebelles, secrets, maussades, égocentriques… Mais ces qualificatifs dépeignent-ils réellement l’adolescent type ? Faut-il qu’il soit question de problèmes entre les adolescents et leur famille ? L’école ? La société ? Pas nécessairement.
De nombreuses études sur le sujet rapportent que beaucoup de parents ne rencontrent aucune difficulté grave avec leurs adolescents. Ils vivent en harmonie avec eux dans un climat d’ouverture et les encouragent à accéder à l’indépendance tout en leur imposant des règles raisonnables.

Le terme adolescence aujourd’hui est un mot à connotation négative qui pèse lourd sur les épaules des jeunes. Combien de fois ai-je entendu de la part des adolescents : « Mes parents disent que je suis rentré dans l’âge bête »…  Mais les adolescents ne sont pas une espèce distincte, mais des êtres humains tout comme leurs parents, leurs professeurs, leurs animateurs, leurs voisins etc.… Ils doivent eux aussi faire face aux problèmes quotidiens qui se présentent dans un monde complexe et changeant. A nous de les y aider, de façon intelligente, raisonnable et responsable.

Les parents

Savez-vous que l’adolescence n’est pas une maladie !
De nombreux parents redoutent l’adolescence et sa crise. Mais l’enfant ne se transforme pas soudain en un monstre ! Au contraire, c’est une Ă©tape qui peut bien se passer, Ă  condition d’avoir quelques repères et d’éviter les idĂ©es reçues. La crise d’adolescence porte- telle bien son nom ? Car lorsqu’un enfant devient un adolescent, il change forcĂ©ment… Mais ce n’est pas toujours une crise. Certains pĂ©dopsychiatres prĂ©fèrent le terme “mutation.”

Cette pĂ©riode de transition engendre souvent de la tension dans le foyer. Les jeunes se posent toutes sortes de questions, Ă  savoir : «Qui suis-je ?», «Qu’est-ce que je vais faire dans la vie ?», «Comment vais-je parvenir Ă  m’entendre avec les autres ?». Ils tentent souvent d’y rĂ©pondre en dĂ©fiant l’autoritĂ© et en mettant les règles Ă  l’Ă©preuve. Les parents peuvent les aider en les encourageant Ă  assumer davantage la responsabilitĂ© de leurs choix et de leurs actes tout en continuant Ă  veiller sur eux et Ă  les guider. MĂŞme si l’adolescent se plaint frĂ©quemment d’ĂŞtre traitĂ© comme un bĂ©bĂ©, il a encore besoin de structure en termes d’attentes, de routines et de valeurs pour assurer sa sĂ©curitĂ© et son bien-ĂŞtre.

Les parents se sentent parfois dĂ©passĂ©s, Ă  juste titre, par la tension qu’entraĂ®ne l’adolescence. Il y a cependant moyen d’amĂ©liorer les choses. On peut commencer par rĂ©veiller nos souvenirs et nous demander : «Adolescent, dans quelle mesure est-ce que je me confiais Ă  mes parents ?», «Étais-je très critique et portĂ© Ă  argumenter ?», «Quels Ă©taient mes rĂŞves et mes craintes ?». Les rĂ©ponses Ă  ces questions peuvent nous aider Ă  mieux accepter le comportement de nos adolescents. Certaines rĂ©alitĂ©s demeurent les mĂŞmes Ă  toutes les Ă©poques et dans toutes les cultures. L’adolescence est toujours un combat pour l’indĂ©pendance, une pĂ©riode d’affirmation et d’opposition aux parents.

Transformations

Tout comme nous Ă  leur âge, les adolescents doivent faire face Ă  des transformations physiologiques importantes, des hauts et des bas Ă©motifs, des pulsions sexuelles inconnues et des pressions de leurs camarades; leur identitĂ© s’acquiert, ils ont Ă  prendre des dĂ©cisions importantes et ils doivent composer avec la solitude et l’anxiĂ©tĂ© qui en dĂ©coulent.

L’isolement social

Il constitue un autre problème. Étant donnĂ© les familles moins nombreuses, la mobilitĂ© accrue et le taux Ă©levĂ© de divorces, les adolescents ne peuvent plus compter sur les proches parents pour contrer les situations difficiles. Lorsque la tension monte, il n’y a peut-ĂŞtre personne vers qui se tourner pour obtenir de l’aide et des conseils, personne pour intervenir et dĂ©samorcer la crise.

Quelle place dans la société ?

Les adolescents n’ont aucun statut, aucune place pour eux dans la sociĂ©tĂ©. Ils ne sont plus utiles comme par le passĂ© pour les corvĂ©es comme la traite des vaches et la coupe du bois, et leurs gains ne sont gĂ©nĂ©ralement pas essentiels Ă  la subsistance de la famille. De nos jours, rares sont les emplois qui donnent aux jeunes l’impression d’ĂŞtre utiles et apprĂ©ciĂ©s. Par le passĂ©, les jeunes atteignaient rapidement la maturitĂ©. Maintenant, nous leur demandons d’ĂŞtre dĂ©pendants et disciplinĂ©s jusqu’Ă  ce qu’ils acquièrent la formation nĂ©cessaire pour trouver un emploi dans une sociĂ©tĂ© axĂ©e sur la performance.

Le monde Ă©volue rapidement ; de bien des façons, il est diffĂ©rent de celui dans lequel nous avons grandi. Les adolescents vivent aujourd’hui dans une sociĂ©tĂ© plus complexe et plus impersonnelle. Ils sont Ă©galement aux prises avec le sida, la violence et la raretĂ© des emplois. La pression est vive. Les adolescents sont devenus la cible des agences de publicitĂ© et des mĂ©dias, qui les incitent Ă  brĂ»ler les Ă©tapes et Ă  tout expĂ©rimenter sans attendre

L’influence des camarades

Elle est souvent perçue comme Ă©tant nĂ©gative alors qu’en fait, elle est en grande partie positive. Les adolescents s’aident Ă  demeurer dans la bonne voie souvent. Les parents, de leur cĂ´tĂ©, peuvent aider leurs jeunes en les encourageant Ă  amener des amis Ă  la maison. Faire de son foyer un endroit accueillant confère de la confiance Ă  vos adolescents.
Il est important pour eux d’Ă©tablir des rapports avec les autres ; d’oĂą l’importance de les mettre en relation avec des amis chrĂ©tiens. Lorsqu’ils s’Ă©loignent de leurs parents, les adolescents cherchent Ă  se faire accepter des autres et veulent pouvoir crĂ©er leur propre environnement social.

Le maillon sensible de la société

L’adolescence est en effet ce moment où le jeune met à l’épreuve les liens familiaux et sociaux, tente d’y trouver sa place en intégrant les valeurs et capacités symboliques du monde qui l’entoure. Il n’est donc nullement surprenant que la « jeunesse » se révèle être le maillon le plus sensible et, de ce fait, un des meilleurs indicateurs de l’état de santé d’une société, un témoin de ses fragilités et de ses richesses. L’adolescence réalise en quelque sorte une épreuve de vérité sur l’efficacité symbolique effective des constructions sociales.
Ainsi, la recrudescence des troubles scolaires peut s’envisager comme une interpellation adressée aux  acteurs de l’enseignement quant au sens et à l’utilité des savoirs, et quant à l’adéquation de leur mode de transmission. De même, l’augmentation des tentatives de suicide et des suicides chez des jeunes sans problématiques personnelles psychiatriques, force la société toute entière à envisager la question cruciale d’une impasse de la création de sens à partir des difficultés de l’existence.
La violence des jeunes interroge encore la défaillance du rôle structurant des lois. La recrudescence des troubles alimentaires, anorexie et boulimie, interroge les fantasmes ambiants de contrôle de chacun sur la vie, la mort, le corps.

Les adolescents et la foi

« Je garde le souvenir de ta foi sincère, cette foi qui se trouvait déjà chez ta grand-mère Loïs et ta mère Eunice. A présent elle habite aussi en toi.  » L’apôtre Paul avait noté le rôle remarquable de Loïs et d’Eunice qui avaient réussi à transmettre leur foi à Timothée. Cette foi devint ensuite une réalité dans sa vie.
Qu’avaient-elles donc fait pour que Timothée suive leurs traces dans la foi ? Elles avaient enseigné à Timothée depuis sa plus tendre enfance les Saintes Écritures, car elles savaient qu’elles pouvaient lui donner la vraie sagesse et le conduire au salut en Jésus-Christ.
Nos enfants nous connaissent. Ils voient nos attitudes et nos actes. Notre propre conduite doit ĂŞtre en harmonie avec notre enseignement.
Attention de ne pas projeter sur eux une image négative de la vie chrétienne ! Ils n’ont peut-être pas envie de vivre comme nous ?

Notre responsabilité première

…en tant qu’adulte : les aimer comme ils sont et leur communiquer ce que nous croyons qui est bon, voilĂ  la première action raisonnable. Si nous investissons dans le domaine de la foi, nous ne le regretterons jamais. Et le premier investissement que nous pouvons faire est en effet la transmission de la parole et le tĂ©moignage vĂ©cu d’une foi sincère, vivante et, accompagnĂ©e de prières. Le vĹ“u de mon cĹ“ur et ma prière pour eux est qu’ils soient sauvĂ©s. Prions pour nos enfants. “Tu seras sauvĂ© toi et ta famille.”

La mission de l’Ă©glise

Je crois que ce qui est le plus important n’est pas d’être spectateur, mais acteur. Que sommes- nous capables de leur communiquer, de leur donner, comment pouvons-nous les aider, les responsabiliser, leur donner confiance pour qu’ils puissent dans cette période de mutation où ils sont fragilisés sentir auprès d’eux des adultes qui ont des repères, des référents sur qui ils peuvent compter. En m’occupant d’eux, j’ai toujours eu le sentiment de participer à une construction, d’y apporter ma pierre !

Ce début de 21ème siècle est marqué par de profondes mutations de la société, ou les repères sont absents, les enfants et les adolescents, par des formes diverses de comportement, nous interpellent sur leur relation au monde d’aujourd’hui et nous incitent à réfléchir sur les réponses à apporter pour les accompagner vers l’âge adulte.
 
Nous aimerions mettre en place, j’en suis convaincue, un ensemble de mesures, de moyens constituant un plan à la hauteur des circonstances afin de rendre cette période tout à fait singulière de la vie la plus praticable possible, pour que l’épreuve adolescente se fasse de la meilleure façon, dans une société où il n’y a plus repère.

La mission des chrétiens et le témoignage de l’église sont importants. L’être humain n’est ni pire ni meilleur que ce qu’il était hier. Il demeure je crois le même, sa nature n’a pas changé, et ce qui me réjouit vraiment c’est que Dieu nous aime et qu’il aime les adolescents du 21ème siècle de  la même manière que ceux du premier siècle. Il a encore aujourd’hui des solutions et un avenir pour eux. Dans ce monde où l’on a tendance à voir tout en noir, où il semble que plus rien ne va, quel bonheur de dire à un ado : Dieu t’aime, il te comprend, Il est un avenir pour toi, Il a donné Jésus son fils pour que  tu sois sauvé. Si tu le pries et lui fais confiance Il sera ta force, ton aide, ce ne sera pas tous les jours facile, mais il sera avec toi et tu pourras compter sur et avec lui. Et ça, c’est super !