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Les profils-types des ados

Difficile de comprendre les ados, leurs comportements et leur monde étrange ! Une grande enquête nationale s’est penchée sur le profil de ces adultes en devenir et a pu distinguer cinq groupes. Des angoissés aux attentifs en passant par les satisfaits, découvrez ces jeunes personnalités pour les voir avec un œil nouveau.

Les ados “tout baigne”

Ils représentent 30 % des jeunes. Ils sont bien dans leur peau, et ne ressentent pas trop de pression dans leur vie quotidienne. Ils ont une vision positive de la société, et sont confiants en leur avenir personnel. D’ailleurs, ils sont plutôt ambitieux et optimistes quant à leur accomplissement futur. Ils accordent une place privilégiée à la famille et aux valeurs morales.
L’ado type : lycéens en filières professionnelles, enfants d’ouvriers.

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Les ados “satisfaits”

Ils représentent un ado sur quatre. Ils ont un regard réaliste et critique sur la société qui les entoure, et ils savent qu’ils sont plutôt privilégiés. Leur avenir est centré sur la famille et les loisirs plutôt que la vie professionnelle. Ils ont envie de s’impliquer pour faire bouger la société (comme de s’inscrire dans des associations par exemple).
L’ado type : les lycéennes en filières générales, enfants de cadres supérieurs. 

Les ados “attentistes”

Ils représentent aussi un enfant sur quatre. Ils sont indécis sur leur avenir et ne se posent à vrai dire pas beaucoup de questions sur leur futur. Ils laissent les évènements arriver, en attendant de voir. Ils sont aussi peu déterminés dans leurs opinions. Néanmoins, ils ont de bons résultats scolaires.

L’ado type : garçons enfants de cadres supérieurs ou de fonctionnaires.

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 Les ados “inquiets”

Ils sont un peu plus d’un sur six à être des ados inquiets. Ils ont des difficultés à l’école ou en famille. Ils sont mal dans leur peau et sont sous pression. Dans leurs priorités, l’amour compte plus pour eux que les résultats scolaires. D’ailleurs, ils sont assez pessimistes sur leur avenir dans une société plutôt inégalitaire.
L’ado type : des filles d’employés et d’ouvriers, en filières professionnelles.

 

Les ados “angoissés”

Ils sont un sur vingt à être ainsi inquiets pour leur avenir. Il faut dire que leur situation est préoccupante : ils n’ont pas beaucoup d’amis, ne dialoguent pas avec les parents… Ils se sentent défavorisés et trouvent la société injuste. Ils n’ont aucun projet et vivent au jour le jour.
L’ado type : collégien ou lycéen dont les parents sont séparés.

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Ados : les nouvelles formes du mal-être

Les ados ont bien changé aujourd’hui… et la fameuse crise d’adolescence a pris de nouvelles formes, souvent plus difficiles à reconnaître et plus brutales. Dépression et automutilation chez les filles, coups et consommation de drogues chez les garçons… quels sont les nouveaux comportements à risque et les expressions de la violence ?

Aujourd’hui les comportements des ados ont évolué et le mal-être ne s’exprime plus tout à fait de la même manière. Ces expressions sont spécifiques aux jeunes filles et jeunes garçons.

Garçons : gare à la casse

Chez les garçons, bagarres, fugues, absentéisme scolaire sont les comportements qui vont exprimer le mal-être. La violence est généralement projetée vers autrui, plutôt que vers soi (les tentatives de suicide chez les garçons sont restées stables). Mais il y a une hausse sensible des dégradations des biens d’autrui et notamment des biens publics. “Cela a doublé en quatre ans” souligne Marie Choquet, épidémiologiste à l’Inserm. Et la consommation de drogues est un phénomène principalement masculin, de plus en plus répandu. En revanche, il faut souligner que la consommation d’alcool n’a pas évolué malgré les apparences. Selon Marie Choquet, “Les jeunes aujourd’hui sont moins consommateurs que leurs parents. Aujourd’hui le seul mode de consommation qui persiste chez les jeunes c’est l’ivresse. Or la France reste l’un des pays d’Europe où le comportement d’ivresse est le moins répandu. C’est le regard de la société qui a évolué…”

Filles : la violence intérieure

Comme le souligne le Dr Xavier Pommereau, psychiatre : “Il y a 20 ans, le trouble principal chez les jeunes filles était la crise de spasmophilie. Aujourd’hui cela a pratiquement disparu. A la place, on va retrouver d’autres troubles tels que l’automutilation”. Car chez les adolescentes, le mal-être s’exprime avant tout par une plus forte tendance à la dépression et une violence tournée vers soi. Les tentatives de suicide ont ainsi augmenté en quelques années chez les filles. Les troubles du comportement alimentaire, anorexie et boulimie, sont d’autres formes de violence projetée vers son propre corps bien connue. “Mais impossible de savoir si ces troubles progressent ou régressent, on n’a aucune donnée” souligne Marie Choquet. En revanche les automutilations semblent être de plus en plus nombreuses chez les jeunes filles.

Bientôt la parité des comportements à risque

Cet écart de comportement entre les filles et garçons semble donc s’être creusé : “Il y a plus de différences de comportement aujourd’hui entre filles et garçons qu’il y a 10 ans” souligne Marie Choquet. Mais la tendance pourrait bien s’inverser : on voit apparaître des attitudes spécifiques aux garçons chez les filles. Ainsi, la violence tournée vers autrui progresse également chez elles, comme le traduisent certains faits-divers. De même, les chiffres sur la consommation de cannabis montrent une progression importante chez les adolescentes. Or souvent cette “inversion” des troubles est encore plus dangereuse, car elle se fait de manière plus violente : un garçon qui se scarifie le fera de manière encore plus grave, une fille qui boit de l’alcool le fera de manière plus extrême.

Une prévention insuffisante

La société a-t-elle su s’adapter à cette évolution des comportements des ados ? Pas vraiment. Ainsi, aujourd’hui l’État augmente les mesures sécuritaires et les actions contre les dégradations de biens publics, au lieu d’essayer de prévenir les comportements. Et les grandes campagnes d’information et de prévention concernent surtout la consommation de cannabis ou de drogues, comportement essentiellement masculins. Les adolescentes sont ainsi les grandes oubliées des pouvoirs publics. Où sont les campagnes pour la prévention du suicide, de l’anorexie ou des automutilations…

Réémergence des problématiques enfantines (stade oral et anal)

Le côté oral se traduit par de la boulimie, de l’anorexie, et de l’avidité sur tous les plans. Les pulsions anales reviennent à travers l’agressivité, le « non », modifiant tous ses rapports avec l’ordre, le pouvoir. Retour aussi des pulsions phalliques et œdipiennes, se traduisant par une crise d’originalité autant physique que mentale, et œdipiennes réactivation des pulsions œdipiennes vis-à-vis des parents, créant des sentiments de « honte des parents ». Plus il se sent dépendant des parents, plus il sera agressif vis-à-vis d’eux. Les parents ne peuvent rien pour l’aider car c’est leur présence même qui crée le conflit.

L’adolescent élabore un roman familial

Il existe deux couples de parents, l’un riche, noble, puissant et protecteur, assimilé à des divinités. Ce sont les parents du passé, idéalisés par l’enfant. L’autre couple est humble, commun, soumis aux limites quotidiennes. Ce sont les parents découverts par l’adolescent. Ces deux couples de parents s’affrontent dans l’imaginaire de l’adolescent. Il brode donc un roman familial dans lequel il retrouvera ses droits et privilèges. Cela révèle le processus régressif vers la relation rassurante des premiers temps de l’enfance et le processus progressif qui permet d’accepter la réalité.

Fantasme de changement de rôle

L’adolescent veut prendre la place d’un de ses parents en usurpant les droits de l’adulte. Il est adulte à la place du père ou de la mère. Il juge ses parents, les conseille, les infantilise. Ceci est une condition pour devenir adulte. L’adolescent s’identifie ainsi à des images de parents murs.